Logistics Wins Wars
A measured argument in the register of a staff briefing, with figures and consequences.
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Les amateurs parlent de tactique. Les professionnels parlent de logistique. La formule est répétée si souvent qu'elle a perdu son tranchant, et elle mérite d'être réaffûtée, car la thèse qu'elle porte est plus forte que l'épigramme ne le laisse croire.
La thèse n'est pas que l'approvisionnement compte à côté de la manœuvre. C'est que l'approvisionnement fixe la limite à l'intérieur de laquelle la manœuvre est seulement possible, et que cette limite est bien plus étroite que la plupart des plans ne l'admettent.
Considérez ce qu'une seule division mécanisée consomme en une journée d'opérations soutenues : des centaines de tonnes de carburant et, une fois le contact pris, des munitions à un rythme qu'aucun exercice de temps de paix ne répète jamais. Ce tonnage ne voyage pas par intention. Il voyage sur des routes, dans des véhicules qui consomment eux-mêmes du carburant, conduits par des gens qui ont besoin de repos, le long d'un itinéraire qu'il faut maintenir ouvert pendant toute la période où la formation doit combattre.
C'est pourquoi une ligne d'avance n'est jamais tracée vers une destination. Elle est tracée vers une distance — la distance à laquelle le système d'approvisionnement peut encore livrer, ce qui, pour une force opérant au-delà des dépôts établis, se mesure en quelques centaines de kilomètres et en un petit nombre de jours.
Le schéma historique est impitoyable et remarquablement constant. Les campagnes échouent très rarement au point de contact. Elles échouent quelque distance en arrière, quand l'avance dépasse la capacité à la soutenir, et l'échec apparaît au front sous une tout autre forme : la fatigue, l'hésitation, une perte d'élan que personne n'a ordonnée.
La conséquence pratique pour la planification est simple, et régulièrement ignorée. La question à poser à toute opération envisagée n'est pas de savoir si la force peut atteindre l'objectif. C'est de savoir si elle peut être ravitaillée à l'objectif, aussi longtemps qu'elle doit y rester, par un itinéraire qui existera encore le moment venu. Si l'on ne peut pas répondre à cette question avec des chiffres, le plan n'est pas un plan. C'est un espoir muni d'un calendrier.
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